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[Ouvrage sur le verre ] Raviver le patrimoine Art nouveau : théorie de la restauration, de la charte de Venise à la déclaration de Turin

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Mémoire du symposium organisé par le RANN, Réseau Art Nouveau Network, en 2024, à Bruxelles, l’ouvrage Raviver le patrimoine Art nouveau : théorie de la restauration, de la charte de Venise à la déclaration de Turin recueille les communications de nombreux spécialistes venus de toute l’Europe pour échanger autour de leurs questionnements, pratiques et des restaurations menées récemment sur le patrimoine Art nouveau.

L’année 2024 a fêté le 30e anniversaire de la publication de la Déclaration de Turin de l’UNESCO, qui a fixé les lignes directrices pour la pratique et la théorie de la restauration du patrimoine. Si l’authenticité et la réversibilité sont les mots clés de la Charte de l’UNESCO adoptée à Venise en 1964, elle souligne l’importance d’une approche critique et rigoureuse du patrimoine à restaurer, respectant les spécificités des matériaux et des techniques. La déclaration de Turin en 1994 reprend ces principes pour préciser les spécificités du patrimoine Art nouveau. 

L’ouvrage donne un regard actuel sur ces textes régissant le patrimoine et évoque des exemples concrets de leur mise en œuvre en Europe. Plusieurs chantiers de restauration significatifs sont abordés afin d’en questionner les fortunes et infortunes ainsi que l’impact sur la préservation du patrimoine Art nouveau. Il est souligné que la notion d’œuvre d’art totale (Gesamtkunstwerk) omniprésente dans l’architecture Art nouveau doit nécessairement prendre en compte l’ensemble d’un site et mettre en œuvre une conservation et une restauration respectant son histoire et de l’ensemble de ses composantes. À travers des études de cas, sont explicités les recherches et les nouvelles pratiques concernant l’utilisation de matériaux et de ressources durables, sans perdre de vue le critère de réversibilité. 

La place centrale du patrimoine verrier

Le patrimoine verrier est particulièrement abondant au tournant du XXe siècle car les artistes que l’on classe dans le mouvement de l’Art nouveau sont en perpétuelle quête de lumière. Ils ont donné une place inédite au matériau verre tant dans le bâti que dans les intérieurs. Dans l’architecture, l’intégration de nombreux vitraux a augmenté considérablement l’apport de la lumière au cœur des édifices. Dans l’aménagement des espaces de vie, l’augmentation des luminaires est directement liée à la révolution électrique. Avec les grands ateliers verriers nancéiens, dont ceux d’Emile Gallé et de la manufacture Daum, l’art du verre connaît un nouvel âge d’or à la Belle Époque. L’art de la mosaïque suscite un regain d’intérêt et intègre dans de somptueuses compositions nombre de tesselles en verre.

Ressources en ligne

Plusieurs textes abordent donc logiquement les questions de conservation et de restauration du patrimoine verrier Art nouveau, dont l’intervention de la maître-verrière gantoise Katrien Mestdagh. Son atelier a procédé à la restauration en 2023 de la coupole du jardin d’hiver de l’hôtel van Eetvelde. L’œuvre emblématique de Victor Horta à Bruxelles, a été guidée par la volonté de concilier la conservation historique et l’intégrité artistique. Pour restituer des verres texturés, qui ne sont plus actuellement produits, des solutions innovantes ont été trouvées dont la superposition de verres pour obtenir un aspect visuel final fidèle à sa conception originelle. 

L’article de Brigitta Kürstösi, professeur à l’Université des beaux-arts de Budapest, consacré à la conservation des mosaïques Art nouveau hongroises, est aussi riche en enseignements. Elle met en lumière l’œuvre de Miksa Roth (1865-1944), maître-verrier et mosaïste de l’empire austro-hongrois, et évoque ses coopérations avec les architectes et artistes de l’Art nouveau. Les innovations techniques de l’époque se doivent d’être étudiées afin de procéder à des restaurations efficientes et durables. Elle précise que chaque cas est spécifique selon les contextes, les enduits, etc.

La communication dédiée à « L’art verrier, entre sauvegarde des savoir-faire et innovation : l’exemple de la villa Majorelle à Nancy » a fait l’objet d’un précédent article dans idverre infos.

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