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Quand la science du verre sert d’appui à la préservation d’œuvres d’art

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Lucile Cornu, ingénieure R&D au Cerfav, nous partage le récit de son voyage en Italie aux côtés de Patricia Hee, directrice R&D du Cerfav, pour mener à bien une prestation d’accompagnement concernant le Jardin des Tarots de Niki de Saint Phalle. Un voyage au cœur de l’art, du verre, et de la science des matériaux – pour conserver le sublime d’une œuvre et garder son émerveillement pour le verre.

L’origine du projet : le Jardin des Tarots

Cela n’est pas un secret, le verre est un matériau aux multiples facettes qui se retrouve dans des applications très variées. Il est présent sur les tables comme emballage, dans votre salle de bain en tant que flacon de parfum ou pot de crème, ou encore il façonne les habitations via les vitrages. Et parfois le verre rencontre le domaine de l’art. C’est ce qui se passe dans les années 80 lorsque Niki de Saint Phalle décide de parer ses sculptures du Jardin des Tarots de morceaux de miroir pour leur donner un effet de mosaïque scintillant sous le soleil et les intégrer davantage dans la nature.

Les œuvres tirées des cartes du tarot divinatoire sont monumentales et disposées au sein d’un jardin en Italie sur la côte méditerranéenne. J’ai en mémoire l’étude des œuvres de Niki de Saint Phalle pour mon bac scientifique option arts plastiques sans savoir qu’un jour la science me mènerait à travailler directement sur ces œuvres dans un cadre si privilégié.

Pierre Marie Lejeune, artiste plasticien, a été l’un des collaborateurs de Niki de Saint Phalle dès les débuts de sa carrière. Il a ainsi participé activement à la construction du Jardin des Tarots. Constatant la dégradation progressive de certains miroirs sur plusieurs sculptures, il a fait appel à son ami Denis Garcia, ancien directeur du Cerfav et aujourd’hui expert reconnu dans le domaine du verre et des métiers d’art. Ce dernier a choisi d’initier un rapprochement entre la Fondation Il Giardino dei Tarocchi (Jardin des Tarots) et le Cerfav. Un travail collaboratif a alors débuté en milieu d’année 2025.
Et c’est en septembre que je me rends dans ce lieu atypique, avec ma collègue Patricia HEE, pour évaluer les dégradations que subissent les miroirs par le temps et les conditions climatiques. En entrant sur ce terrain pentu et très arboré, on découvre les imposantes sculptures qui ont nécessité une vingtaine d’années de travail (la construction débute en 1979) et qui requièrent toujours aujourd’hui une attention de tous les instants.
En parcourant les allées on peut aussi bien faire face à la Papesse surmontée du Magicien, se perdre dans le dédale de l’Empereur surplombé par la Tour de Babel, ou rentrer dans les entrailles de l’Impératrice. La majeure partie de ces œuvres ont en commun d’avoir été décorées avec des morceaux de verre ou de miroir qui doivent cohabiter avec le milieu naturel dans lequel elles sont exposées.

La papesse surmontée du magicien – Jardin des Tarots, Niki de Saint-Phalle
Le sol décoré lors de l’exploration – Jardin des Tarots, Niki de Saint-Phalle
Les miroires scinetillant sur l’impératrice – Jardin des Tarots, Niki de Saint-Phalle

Une passerelle entre science et art

C’est là qu’intervient la passerelle entre science et art : en utilisant notre expertise pour le matériau verre, et plus particulièrement ici pour les miroirs, et la compréhension des phénomènes qui peuvent le dégrader, nous pouvons apporter des réponses et des conseils pour rendre à ces œuvres leur aspect d’origine.

Le travail commence par un relevé minutieux, une observation affutée et une prise de note organisée pour comprendre ce que nous observons. Chaque œuvre a ses particularités aussi bien concernant les matériaux utilisés, les techniques d’application employées et l’environnement direct auquel elle est exposée. Avoir accès aux coulisses et être au plus près des œuvres est un privilège qui m’a permis de prendre la mesure du travail réalisé par Niki de Saint Phalle et toutes les équipes qui ont participé et participent encore à la préservation de sa vision artistique.

Concrètement, suite aux observations et aux relevés que nous avons réalisés, nous avons été capables de faire de premiers retours sur les méthodes de mise en œuvre des miroirs pour des restaurations et de poursuivre notre travail de recherche pour proposer au Jardin des Tarots une méthodologie dans le suivi des interventions et dans le choix des matériaux les plus judicieux.

L’accompagnement continue et j’ai hâte de voir l’impact de nos recommandations sur la pérennité des œuvres, pour que ce jardin extraordinaire continue à émerveiller les visiteurs de jour en jour.


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